États généraux du tourisme: culture où es-tu?

Duras

En France, le tourisme est un secteur privilégié pour l’économie d’un territoire. Dans notre département, il n’est malheureusement pas le moteur qu’il devrait être. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Lot-et-Garonne accueille 400 000 visiteurs par an et les trois-quarts concernent uniquement le parc Walibi. De plus, avec seulement 4% des lits d’Aquitaine, notre département souffre d’un réel déficit en capacité d’hébergement. Il faut ajouter à cela une image de marque non identifiée qui ne bénéficie pas de l’attrait du Sud Ouest que des départements voisins ont su mettre en valeur. Au final, l’Aquitaine est la cinquième destination touristique de France avec un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards d’euros et le Lot-et-Garonne ne pèse que 5% de ce montant, un résultat anémique. Un chiffre confirmé par le pourcentage d’emplois générés par le tourisme : notre département est deux points en-dessous de la moyenne nationale quand il devrait être au moins au même niveau, voire au-delà au vu de la richesse de notre territoire et du développement grandissant du tourisme vert.

Le constat est donc sans appel : le Lot-et-Garonne est le mauvais élève de la région en matière touristique, un handicap sérieux pour notre dynamisme économique.

Des États généraux pour quoi faire ?

Si l’on ne peut que saluer l’initiative portée par le Conseil départemental de réunir l’ensemble des acteurs du tourisme pour se mettre autour de la table, les participants à cet événement auront un devoir d’exigence. S’il s’agit, une fois de plus, de faire de beaux discours pour flatter les égos des uns et des autres en convenant que la situation est merveilleuse, le touriste lot-et-garonnais repassera. Gageons que Jacques Bilirit, vice-président du conseil départemental et maître de cérémonie de ces États généraux ne tombera pas dans cet écueil. Il est nécessaire de se poser les bonnes questions : comment résoudre le problème de notre capacité d’hébergement, quid de la signature de notre territoire et quels projets structurants pour l’avenir de notre département ?

Culture où es-tu ?

Sans présager du résultat futur de ces États généraux, leur organisation est atteinte d’un vice originel qui interpelle sur la vision du tourisme pour les décideurs politiques départementaux. En effet, les acteurs culturels n’ont pas été conviés à l’événement. Comment imaginer que les prescripteurs de la culture seront absents des débats quand ils pourraient être les premiers pourvoyeurs d’une identité territoriale forte qui attire les touristes ? Ce choix étrange fait craindre des échanges, sans doute très courtois, mais au final assez stériles pour développer l’image de notre département. Les grands opérateurs, comme Walibi ou Center Parcs, sont évidemment importants, cependant ils ne participent pas à l’identité d’un territoire, ils l’utilisent. Pour faire un parallèle simpliste, quand on construit une maison, on ne commence pas par le toit. Espérons que ces États généraux s’attaqueront à de solides fondations.

Jonathan Biteau et Xavier Marcos

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