Affaire du « Burkini »: un voile sur la société

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25 août 2016 en France : la mode estivale est à l’ordre du jour. Et le torchon médiatico-politique brûle de savoir quelle est la superficie de tissu adéquate pour une femme en bord de mer. Les Français ont souvent représenté l’avant-garde des évolutions vestimentaires, cette fois nous sommes à la pointe du ridicule. Avons-nous perdu tout sens commun pour s’interroger sur la liberté d’une femme voilée de venir à la plage avec ses membres couverts ? Sommes-nous réellement le pays des droits de l’homme pour que la police sur la Côte d’Azur force une femme à enlever son haut sous prétexte qu’elle portait des manches longues et un foulard ? Lire : Lemonde.fr
Notre société est-elle arrivée à un tel niveau de délitement moral et de perte des repères qu’il faille prendre des arrêtés pour statuer sur la tenue réglementaire à porter à la plage au point de forcer des femmes à se dévêtir ?
A-t-on seulement pensé à l’application d’une interdiction aussi grotesque ? Est-ce la même règle si on se baigne ou si on reste sur le sable ? Les personnes âgées à la pudeur exacerbée sont-elles concernées ? Quelle est la distance par rapport à l’eau où cette mesure s’applique ? Qu’en est-il des lacs et de l’eau douce, la Garonne nécessite-t-elle le même cadre juridique ? Faut-il instaurer une police des bonnes mœurs chargée d’évaluer la charge textile des baigneuses ?!
Où irons-nous jusqu’à l’absurde à cause de nos propres faiblesses ? Car cette polémique illustre avant-tout nos manques et nos errements. Nous ne savons plus faire société aujourd’hui. La population française est profondément divisée, clivée, communautarisée. Il n’existe plus de projet commun qui nous dépasse et nous unisse tous. Et le risque terroriste fait le lit de cette situation pour nous opposer davantage. Sans compter sur la classe politique, Gouvernement et prétendants à la primaire dans le même panier, qui surenchérissent chacun leur tour sur ce sujet majeur de préoccupation de leurs concitoyens. Lire : Lepoint.fr

Bien sûr, le climat actuel, où le vivre-ensemble est une lointaine chimère, devrait parfois inviter à la discrétion devant la manifestation ostentatoire des signes religieux. Évidemment, la question du statut de la femme dans la religion musulmane ne doit pas être éludée. Le débat est ailleurs que sur l’interdiction d’une tenue au nom aussi ubuesque que la polémique qui en découle.
Nous devrions avoir honte de céder avec la foule en colère devant les hurlements de la meute. Un point d’excellence : nous sommes la risée de tous les médias internationaux. Voir : I24news.tv

En attendant, notre pays compte près de 3,5 millions de chômeurs, 5,5 millions avec les personnes en activité réduite et le dynamisme de notre économie est toujours anémique. Mais d’autres sujets semblent plus essentiels. Le diable est dans les détails paraît-il.
Certains espèrent que l’arrêt du Conseil d’Etat attendu dans la journée tranchera le dilemme. Peu importe l’issue de ce jugement, l’ampleur du débat suscité montre que nous avons tous déjà perdu.

Jonathan Biteau
Délégué Modem 2e circonscription

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