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Quel avenir pour le Garorock?

La saison des festivals s’annonçait délicate, entre État d’urgence et état collectif frappé d’angoisse et de peur du rassemblement. Or, les résultats en hausse de la fréquentation des événements culturels estivaux en France ont montré que la résilience citoyenne pouvait dépasser les discours médiatiques et politiques anxiogènes censés nous rappeler que nous étions en guerre permanente. Et Garorock ne fait pas exception à la règle avec 130 000 visiteurs pour cette édition 2016 record.

Les organisateurs se posent donc légitimement la question de l’avenir de ce festival, qui est, durant 4 jours, la manifestation la plus populaire de notre département. S’il est devenu un événement exceptionnel, l’effet Garorock dure moins d’une semaine par an. D’un point de vue culturel, on peut donc regretter l’absence de pérennité de cette vitrine. Si l’on prend exemple sur un autre grand festival du Sud Ouest, Jazz in Marciac a réussi à redynamiser un territoire rural par la création de classes de Jazz dans un collège menacé de fermeture, et aujourd’hui aux effectifs florissants. Pourquoi ne pas créer un cursus de musiques actuelles en lien avec le Garorock dans un collège rural de notre territoire par exemple ? Il faudrait également penser au développement d’un événement « off » ou d’un concours tremplin réservé aux groupes locaux qui leur permettrait une belle mise en lumière.

Surtout, Garorock ne repose sur aucune réalité économique en dehors de l’hébergement et de la restauration le temps du festival. Ces retombées sont évidemment importantes mais il est grandement dommage de ne pas avoir su bénéficier de l’élan du Garorock pour faire émerger une filière locale génératrice d’emplois. Un exemple concret avec une manifestation voisine à Angoulême. Avec un budget de 4,3 millions d’euros (6 millions pour le Garorock), le festival de la Bande dessinée a vu naître dans son sillage une filière économique avec des studios de dessin et d’animations qui compte 80 entreprises pour plus d’un millier d’emplois localisés dans l’agglomération du Grand Angoulême. Quid d’une filière musicale, de création, d’enregistrement ou de formation aux métiers du spectacle sur notre territoire ?

L’avenir s’écrit au présent, demain se prépare aujourd’hui. À tous les acteurs concernés, publics et privés, de se mettre autour de la table dès maintenant. Pour reproduire cette réussite à l’échelle du territoire il faut évidemment une équipe dirigeante dynamique, nous l’avons avec celle du Garorock, et des élus créatifs et volontaires sur notre territoire, nous les aurons bien un jour.

Jonathan Biteau
Délégué Modem

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