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Retour de Guidel : oui au centre uni et indépendant !

Depuis maintenant plusieurs années a lieu l’université de rentrée du Modem à Guidel en septembre. Guidel, petite station balnéaire du Morbihan, est nichée au cœur d’une superbe baie dont seule la Bretagne a le secret. Le cadre est une juste récompense après les 600 km et 7 heures de trajet depuis notre Lot-et-Garonne (quelques erreurs de navigation ont d’ailleurs rallongé le voyage…). Cela faisait déjà plusieurs années que je voulais m’y rendre mais la distance m’avait dissuadé. L’aune des échéances à venir en 2017 m’ont cette fois convaincu de faire le déplacement.
Guidel c’est la réunion de tous nos parlementaires, français et européens, la plupart de nos élus locaux, un millier de militants et plus de 50 conférences thématiques sur tous les sujets de société imaginables : biodiversité et environnement, école et égalité des chances, pacte social, politique étrangère et valeurs démocrates, santé et dépendance, marchés publics, budgets et tant d’autres. Sans oublier toutes les rencontres, les dialogues et les débats avec les camarades de la France entière venus échanger dans la diversité, et surtout partager leurs valeurs communes.

Arrivé trop tard vendredi soir, j’ai malheureusement raté la conférence sur la biodiversité et l’environnement qui m’intéressait grandement pour deux raisons : le sujet d’abord et découvrir une intervenante : Leïla Aïchi, sénatrice des verts de Paris qui vient de nous rejoindre au Modem. Le dîner avec buffet à volonté aura raison de ma déception.

Le lendemain matin, je démarre la journée avec la conférence qui m’intéresse le plus : le revenu universel. Et je ne suis pas déçu. Cela fait des mois que j’étudie ce dispositif dont le principe est aussi simple que révolutionnaire : remplacer toutes les aides sociales (hormis assurance-chômage et retraites) par un revenu mensuel versé à l’ensemble des citoyens français. Le montant : de plusieurs centaines à un millier d’euros en fonction de l’orientation prise. Cela permet de réduire la pauvreté, et de faire disparaître assistanat et stigmatisation vis-à-vis de l’aide sociale. Enfin, la simplification administrative est évidente et les fonctionnaires concernés pourront être redéployés pour renforcer les autres administrations en manque d’effectifs. Le financement reste la question clé, j’achète un ouvrage sur le sujet et je demeure plus convaincu que jamais de la nécessité de cette révolution sociale.

Je poursuis la matinée avec un atelier sur les interventions économiques des nouvelles régions. La loi Notre a bouleversé notre organisation territoriale, de nombreuses régions ont été remodelées, de nouveaux repères doivent être trouvés pour rationaliser l’action économique des collectivités. Car rappelons-le : ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui, c’est d’emplois.

La pause déjeuner me permet à nouveau de confronter mon appétit au buffet à volonté. Le buffet sort vainqueur. Sur la digestion, je me rends au grand débat sur l’Europe avec l’éditorialiste de France Inter, Bernard Guetta et Guy Verhofstadt, président des centristes européens. Les échanges sont passionnants : l’Europe est au bord du gouffre et pourtant nous n’en avons jamais eu autant besoin dans un monde multipolaire et instable. Je continue l’après-midi avec un moment aussi nostalgique qu’intéressant. Le Maire de Talence, Alain Cazabonne, anime un séminaire sur l’avenir des métropoles. J’ai été son chef de cabinet entre 2013 et 2015. A ses côtés, j’ai pu profiter d’une expérience auprès d’un élu doté d’une science exceptionnelle du fonctionnement des collectivités. Il rappelle les écueils de la métropolisation et de la mutualisation des services communaux et intercommunaux. Je partage complètement : le législateur doit arrêter de complexifier notre organisation administrative et la commune doit demeurer la porte d’entrée du citoyen. Je fais clairement partie des défenseurs du fait communal, comme mon ancien patron.

Nous concluons avec un échange politique. Alain Cazabonne regrette les mots durs que vient de prononcer François Bayrou à l’encontre d’Emmanuel Macron, dont la démarche ressemble à celle du Maire de Pau en 2007. Je partage son point de vue et surtout, je lui livre mes craintes sur la victoire possible de Nicolas Sarkozy à la primaire. On nous reprochera alors de ne pas en respecter le résultat. Tant de choses peuvent encore se produire.

Vient le moment du dîner et de la soirée récréative avec Jean-François Kahn faisant un exposé aussi brillant qu’humoristique sur nos liens ancestraux avec les gaulois. On conclut cette journée en refaisant le monde, version centriste, autour de quelques verres.

Le lendemain dimanche est consacré aux discours de clôture de notre secrétaire général, Marc Fesneau, puis de l’eurodeputée Marielle de Sarnez. La salle plénière est comble avec plus d’un millier de personnes. On sent l’attente grandir d’écouter notre président François Bayrou. Le Maire de Pau soulève deux points particulièrement importants pour moi : il appelle de ses vœux une politique européenne de relance économique, revenant de fait sur l’austérité qui a gouverné depuis la crise financière. Et surtout, il conclut en expliquant que le courant centriste est majoritaire en France à deux conditions : s’il est uni et s’il est indépendant. C’est la racine même de mon engagement, je jubile intérieurement.
L’université se termine par un dernier déjeuner entre convivialité et enthousiasme. Il est déjà temps de rentrer, des idées plein la tête et une écharpe orange autour du cou. Guidel, à l’année prochaine.

Jonathan Biteau

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